Camille CLAUDEL, une sculptrice qui dérangeait ! Créer malgré tout, créer contre son temps !
- Carole Aubourg
- il y a 3 heures
- 3 min de lecture
Camille Claudel fut une artiste qui dérangeait ! Elle n’a jamais demandé la permission, ni pour créer, ni pour aimer, ni pour exister pleinement comme artiste. Et c'est sans doute pour cela que son destin fut si rude !
Née en 1864, Camille Claudel choisit très tôt la sculpture, un art alors considéré comme inapproprié pour une femme. Trop physique. Trop exigeant. Trop ambitieux. Trop osé ! Très tôt son talent s’impose. Ses mains savent déjà traduire ce que beaucoup n’osent pas regarder : la tension des corps, la violence des sentiments, la fragilité des liens humains, la solitude, la tension intérieure. Chez elle, la matière n’est jamais décorative. Elle est vécue.
Sa rencontre avec Auguste Rodin est souvent racontée comme une histoire d’amour tragique. Elle est surtout l’histoire d’un déséquilibre. Camille est son élève, sa collaboratrice, son égale artistique — mais rarement reconnue comme telle. Être femme, artiste, et indépendante rend la reconnaissance institutionnelle presque inaccessible. Elle participe avec Rodin à de grandes œuvres (Les Bourgeois de Calais) tout en développant une création personnelle d’une puissance rare : La Valse, Sakountala, L’Âge mûr qui portent une intensité émotionnelle bouleversante. Ces œuvres témoignent d’une force émotionnelle sans pareil. Elles parlent d’amour, de perte, de lucidité, mais aussi de résistance. Camille Claudel sculpte ce qu’elle traverse, sans filtre, sans concession.
Ce que Camille Claudel paiera le plus cher, ce n’est pas son talent, mais sa liberté. C'est pour cela qu'elle dérange. En effet, Camille Claudel défie la morale sexiste du monde de l'art de l'époque en sculptant des nus avec la même liberté que les hommes. Marginalisée par le monde de l’Art, femme bien trop indépendante, célibataire (sa liaison avec Rodin dura une décennie, c’est lui qui choisit de rester avec sa 1ère compagne Rose Beuret). Femme sans compromis, elle dérange.
Peu soutenue par sa famille (surtout sa mère qui a une violente aversion pour son art) ignorée par les institutions, elle s’isole. A partir de 1905, elle connaît de profonds troubles psychiques. En 1912, elle détruit ses œuvres. Vivant misérablement, Camille Claudel s'enferme bientôt dans la solitude et sombre peu à peu dans la paranoïa. Cela est-il exact ? comment savoir ? Son père, qui la protégeait comme il pouvait, décède le 2 mars 1913.
C’est son frère Paul Claudel (le poète) qui demande l’internement de Camille peu de temps après la disparition de leur père. Sa mère signe une « demande de placement volontaire ». Camille est internée contre son gré. Sa mère ne viendra jamais la voir. Seul son frère Paul lui rendra visite à 12 reprises.
Elle restera internée durant trente ans. Trente années de silence. Trente année d’immense solitude. Trente années sans création. Comme si l’on avait jugé son regard trop dérangeant pour le monde.
Aujourd’hui, Camille Claudel résonne puissamment avec les femmes artistes contemporaines. Son histoire nous rappelle que créer en tant que femme n’est pas seulement une affaire de talent, mais aussi de résistance. Résister aux cases, aux injonctions, à l’invisibilisation. Résister à l’idée qu’il faudrait être plus sage, plus discrète, moins intense.
Son parcours fait écho à toutes celles qui transforment la douleur en force créatrice, qui utilisent l’art pour dire ce qui n’a pas de mots, pour transformer, pour tenir debout. Camille Claudel appartient à une lignée de femmes qui ont fait de la création un acte vital, parfois au prix de leur propre tranquillité.
Je suis touchée par ce destin hors-normes. Camille Claudel fut une artiste de grand talent, elle fut sans doute trop seule, trop misérable, trop fragile malgré sa grande force de création !
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