Anselm KIEFER, un artiste qui m'inspire !
- Carole Aubourg
- 6 janv.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 janv.

Photo Barbara Klemm

photo Jean-Philippe Simard
Connaissez-vous Anselm Kieffer ?
Son travail artistique, monumental… et sa démarche m’inspirent depuis longtemps !
Je vous explique tout ça :
Anselm Kiefer, né en 1945 à Donaueschingen (Allemagne), est considéré comme l’un des artistes les plus influents de l’art contemporain.
Sa carrière, qui s’étend sur plus de cinq décennies, est marquée par une quête permanente de sens à travers l’histoire, la mythologie, la mémoire collective et la matière elle-même.
Anselm Kiefer a étudié au sein de plusieurs académies d’art allemandes, notamment à Karlsruhe et à Düsseldorf, où il fut influencé par Joseph Beuys, figure majeure du néo-expressionnisme et grand inspirateur de sa pensée artistique.
Les œuvres d’ Anselm Kiefer ne se limitent pas à la peinture traditionnelle ; elles intègrent une large palette de matériaux bruts et inattendus — paille, plomb, cendres, bois, métaux, béton et plantes séchées — qui deviennent des éléments constitutifs de ses surfaces texturées. Cette alchimie matérielle ne vise pas seulement à produire des effets esthétiques, mais à incarner un contenu symbolique profond : la fragilité de la mémoire, la destruction et la régénération, la lourde charge du passé.
La dimension historique est un fil conducteur dans l’œuvre de Anselm Kiefer. Né juste après la Seconde Guerre mondiale, il appartient à la génération allemande qui a dû affronter un héritage culturel marqué par la culpabilité, le traumatisme et le silence sur les crimes nazis. Ses premières séries, comme Occupations (1969-70), où il se photographie effectuant le salut nazi dans des lieux variés, sont des mises en scène provocatrices destinées à rompre le silence culturel et à forcer la mémoire collective à affronter son passé.
Parmi ses œuvres emblématiques figurent des pièces comme Margarethe (1981), inspirée du poème "Fugue de mort" de Paul Celan, qui juxtapose les symboles de vie et de mort à travers l’usage de la paille et de textures brûlées.
D’autres travaux, comme Breaking of the Vessels, une énorme sculpture faite de livres de plomb et de verre brisé, explorent des thèmes mystiques et historiques liés à la destruction, à la reconstruction et à la fragilité de la vie.
Les œuvres de Anselm Kiefer sont souvent monumentales et intégrées au paysage architectural ou environnemental. Il a par exemple converti une ancienne usine à Barjac dans le Gard en France en un vaste atelier/site d’art où il intègre les terrains eux-mêmes à sa recherche artistique, brouillant les frontières entre atelier, œuvre et environnement.
L’impact de sa pratique s’est étendu bien au-delà de l’Allemagne : des expositions internationales lui ont été consacrées dans des institutions prestigieuses comme le Centre Pompidou, la Fondation Beyeler, le Metropolitan Museum of Art ou la Guggenheim Museum.
En 2007, il fut le premier artiste depuis Georges Braque à réaliser une œuvre permanente ATHANOR pour le Louvre à Paris, et il a également été titulaire de la chaire de création artistique au Collège de France, où il a donné des conférences sur la façon dont l’art peut survivre à ses propres ruines.*
Ce qui distingue Anselm Kiefer et ce que j’apprécie dans son travail … est sa capacité à transformer la matière en métaphore, créant des œuvres où la mémoire, la destruction et la renaissance se lisent à travers des surfaces stratifiées et des matériaux lourds. Dans son art, l’histoire n’est pas seulement racontée : elle est physiquement portée par la matière elle-même.
Aujourd’hui Anselm Kiefer vit et travaille près de Paris .
Voilà !
J’espère vous donner envie de découvrir ou redécouvrir cet artiste hors-norme, certes il ne fait pas toujours l’unanimité…comme tout artiste…mais son travail gigantesque mérite d’être connu !
Je vous conseille les ouvrages suivants :
*Anselm Kiefer. « L’art survivra à ses ruines ». Collège de France. Fayard.2011.
« Kiefer Rodin ». Musée Rodin. Gallimard. The Barnes Foundation.
« Anselm Kiefer à La Tourette ». Bernard Chauveau. Bernard Chauveau Edition.









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